La première règle du Krav-Club est :
"Il n'y a pas de règle dans la rue."

La semaine dernière nous avons vu comment anticiper les agressions. Malheureusement il est parfois trop tard pour éviter les ennuis en bon ordre et il faut partir en courant !

Nous allons voir comment le faire au mieux.

Partez en courant

Partez en courant

Evaluer la situation

Vous avez peut être encore une poignée de secondes pour réfléchir afin d'agir au mieux. Réfléchissez à ce qui risque de se passer si vous fuyez, où aller et comment.

Les conséquences

Si vous êtes seul, en pleine forme et sans charge sur le dos : vous avez de la chance ! Mais si vous êtes avec des proches, ceux-ci sont peut-être moins aptes à prendre la fuite : trop jeune, trop vieux, ou en mauvaise condition physique. Il est aussi fort possible qu'ils ne réaliseront pas l'imminence du danger. En effet se voiler la face est un comportement de défense psychologique très répandu ! On le voit bien, fuir est plus adapté quand on est seul ou avec une personne capable. Ceux que vous laisseriez derrière risquent de trinquer pour vous...

Du coté des points positifs, il faut noter que seuls les assaillants les plus déterminés vont se lancer dans une course poursuite. Ils ne veulent pas attirer l'attention, et comme je l'ai expliqué dans l'article sur la prévention des agressions. Ils cherchent des cibles avec un bon ratio coût/bénéfice. En les forçant à vous poursuivre vous augmentez en quelque sorte votre coût et pouvez faire pencher la balance du bon coté.

Où aller

Selon la situation et vos capacités, vous pouvez par ordre de préférence :

  • Rejoindre un endroit sûr, comme un commissariat ou un bâtiment fermé à clé. En dehors des cas extrêmes, je vous déconseille toutefois de vous rendre chez vous pour éviter d'être retrouvé par votre agresseur.
  • Un lieu bondé, les agresseurs n'aiment pas trop les témoins. Bien qu'ils puissent compter sur la lacheté collective, une foule peut toujours contenir quelques personnes courageuses.
  • Tenter de semer vos poursuivants en étant plus rapide. Cette stratégie est hasardeuse, certains agresseurs sont très sportifs et ils connaissent sûrement bien les lieux. Mais à défaut d'autre chose c'est toujours mieux que rien. Il faudra vraiment utiliser les conseils du paragraphe suivant pour augmenter vos chances !

Comment faire

pour éviter problème style titre suivant...

Le départ

Pour partir dans de bonnes conditions il faut prendre l'avantage pour minimiser les chances d'être rattrapé.

  • Si vous êtes encore loin, profitez d'un instant ou l'agresseur supposé ne vous regarde pas ou ne peux pas vous voir pour partir en courant. Vous gagnerez quelques précieuses secondes.
  • Si vous êtes proches, vous pouvez tenter de faire diversion en jetant un objet dans la direction opposée ou vous allez partir ou directement au visage du malfaiteur. Pour cette dernière option, l'idéal serait une poignée de pièces de monnaie, un gobelet plein de liquide ou même un vêtement.
  • Si vous êtes proches ET que le danger est avéré, alors frappez ! Visez un endroit qui va le géner pour vous ratrapper comme le genou, les yeux ou le nez (les larmes causées par un nez cassé vont le géner quelques instants).

En route

Pendant votre course, essayez de renverser, pousser ou mieux jeter dans les jambes de votre poursuivant tous les obstacles possibles. Cela peut être des chaises, des panneaux dépliants de restaurant, des présentoirs de magasin, ou une porte claquée derrière vous... Il perdra toujours une fraction de seconde et peut même tomber ou être coincé.

Si vous connaissez bien la zone, vous pouvez essayer de perdre votre assaillant en empruntant des passages avec beaucoup d'intersections. Comme je l'ai dit auparavant, il y a malheureusement de fortes chances qu'il connaisse le terrain aussi bien que vous, voir même que ses complices vous attendent en chemin.

Parlons du cas problématique des armes à feu. Prendre la fuite face à un agresseur décidé à s'en servir est bien-sûr très risqué. Mais à part si vous étiez déjà à portée de bras pour tenter quelque chose, c'est probablement votre meilleure chance. Pour la maximiser, essayez de mettre le plus possible de couverts solides entre lui et vous. L'idéal étant les murs en béton. A l'inverse Les carrosseries de voiture n'offrent aucune protection contre la plus part des munitions, seul le moteur est assez solide pour cela. Mais n'importe quel obstacle visuel généra le tireur pour ajuster son tir. Si vous êtes à découvert, courrez le plus vite possible vers l'abri le plus proche. La vitesse vous sert à la fois à être plus difficile à toucher et à être en danger moins longtemps. Vous baisser sera ainsi peu rentable car la perte de vitesse est conséquente et la difficulté à vous toucher ne change quasiment pas à cause de cela. Et en dans le même temps la durée où on vous tire dessus augmente. Décider de zig-zaguer ou non est plus difficile. Si vous êtes très athlétique, vous pouvez le faire sans trop réduire votre vitesse et cela peut être utile. Mais si votre conditions physique n'est pas excellente ou si vous êtes un peu chargé il vaut sûrement mieux courir en ligne droite le plus vite possible.

A l'arrivée

Si vous avez pu rejoindre un lieu sûr, demandez-vous si vous devez prévenir les services de police de ce qui vient de se passer. Si vous vous demandez avec la peur au ventre si vous pouvez ressortir en toute sécurité, c'est que vous devriez probablement appeler la police !

Si vous avez rejoint un endroit bondé avec un peu d'avance, fondez-vous dans la masse dès les premières personnes passées. Marchez, car si vous courrez les gens vont s'écarter et faire du bruit ce qui vous rendra facilement repérable. Baissez-vous un peu pour que votre tête soit difficile à voir à travers la foule, si vous avez un manteau enlevez-le pour "changer de couleur". Vous ne serez biensur pas invisible dans la foule, mais plus difficile à repérer ce qui vous fait gagner du temps. Profitez de ce temps pour appeler la police.

Si vous avez rejoint un endroit bondé mais avec vos agresseur sur les talons, demandez de l'aide ! Ne le faites pas à la cantonade, demandez à une personne en particulier en l'interpellant et en la regardant dans les yeux. Les études prouvent qu'en présence d'un grand nombre de personnes, chaque individus considère qu'il n'est pas concerné et passe son chemin. Tandis que si la demande lui est faite directement il a de fortes chances de faire quelque chose car il se sentirait coupable en étant passif. Ces études ne portaient pas sur les violences physiques, il faut donc ajouter un paramètre : ne demandez pas un gringalet qui marche la tête basse, la peur de la violence sera pour lui plus forte que la peur de passer pour un égoïste...


Rendez-vous la semaine prochaine pour l'article Comment raisonner un agresseur potentiel. Vous pouvez aussi lire celui sur la timeline qui met les différents articles de cette série en perspective. En attendant, si vous avez une remarque ou des questions, laissez un commentaire en dessous !

Faites attention à vous.

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